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Que brancher sur une station de 1 000 Wh : les durées réelles

Une station de 1 000 Wh ne rend pas 1 000 Wh à ses prises, et la question du frigo ne se règle pas avec une division. Le tableau des durées appareil par appareil, les deux plafonds à vérifier avant d'acheter, et les trois cas où la sortie coupe batterie pleine.

Par Romain
Station électrique portable posée au sol dans une cuisine plongée dans le noir, écran allumé, câble branché sur un réfrigérateur

Une station de 1 000 Wh restitue entre 850 et 900 Wh à ses prises : de quoi alimenter un réfrigérateur de cuisine 23 heures, un appareil CPAP 3 nuits, ou une plaque à induction 29 minutes. Trois ordres de grandeur pour une même batterie. Savoir ce qu’on peut brancher sur une station de 1 000 Wh, c’est donc savoir où se range chaque appareil sur cette échelle, et repérer les pièges qui font couper une station encore chargée aux trois quarts.

87 %de l'étiquette arrivent à la prise 230 V

1 800 Wle plafond instantané, indépendant de la capacité

12 het la sortie 230 V s'éteint toute seule

Le vrai chiffre de départ : 880 Wh, pas 1 024

L’étiquette annonce ce que les cellules contiennent, mesuré en courant continu à 51,2 V. La prise 230 V, elle, reçoit ce qui ressort de l’onduleur, et la conversion se paie. S’y ajoutent l’électronique de gestion de batterie et le ventilateur, qui tirent leur part pendant toute la décharge.

Notre banc de charge sur l’Anker SOLIX C1000 Gen 2 a récupéré 890 Wh à la prise sur les 1 024 Wh annoncés, soit 87 % de l’étiquette. Les stations LiFePO4 de cette taille se tiennent dans une fourchette de 85 à 90 %, onduleur pur sinus compris.

La règle de calcul tient en une multiplication : prenez l’étiquette, multipliez par 0,86. Une station de 1 024 Wh comme la DELTA 2 d’EcoFlow descend à 880 Wh utiles. Les 1 070 Wh de la Jackery Explorer 1000 v2 rendent 920 Wh. C’est ce nombre-là qui entre dans les divisions qui suivent. Pas celui du carton.

Deux sorties échappent en partie à cette perte : l’USB-C et l’allume-cigare, qui ne passent pas par l’onduleur. Un ordinateur portable chargé en USB-C prend moins à la station que le même ordinateur branché sur son bloc secteur, dans une prise 230 V. Sur trois jours de bivouac, l’écart se compte en heures d’autonomie.

Deux plafonds, pas un : les watts d’abord, les wattheures ensuite

Les wattheures disent combien de temps l’appareil tiendra. Les watts disent s’il démarrera. Deux questions séparées, et la seconde tranche plus vite : un appareil trop gourmand est éliminé avant même qu’on calcule quoi que ce soit.

Chaque station affiche une puissance continue : 1 500 W sur la Jackery Explorer 1000 v2, 1 800 W sur la DELTA 2, 2 000 W sur la C1000 Gen 2 d’Anker. Un appareil qui demande davantage déclenche la protection de surcharge, et la sortie se coupe sur une batterie pleine. Un chauffage d’appoint de 2 000 W, un four posable, un poste à souder : ces trois-là ne passeront pas. Aucune capacité n’y changera rien.

Vient ensuite le pic de démarrage. Tout ce qui porte un moteur ou un compresseur appelle trois à six fois sa puissance nominale pendant une fraction de seconde. Un réfrigérateur qui consomme 150 W en marche peut demander 800 à 900 W au moment où son compresseur s’enclenche. C’est la puissance de crête qui absorbe ce pic : 2 700 W sur la DELTA 2, 3 000 W sur les deux autres.

Le dernier piège se lit sur l’appareil lui-même. Un micro-ondes vendu pour 900 W rend 900 W de chaleur à l’aliment, mais en tire environ 1 400 W à la prise, parce que son magnétron a lui aussi un rendement, et c’est l’écart entre ces deux chiffres qui fait disjoncter une station achetée sur la foi de la façade. Lisez la plaque signalétique, sous l’appareil. C’est la consommation qui y figure, et c’est elle que la station verra.

Reste le cas d’EcoFlow, qui contourne partiellement le plafond. La fonction X-Boost abaisse la tension de sortie pour faire fonctionner un appareil de 2 400 W sur un onduleur de 1 800 W. Le manuel la réserve aux appareils de chauffage et exclut nommément les équipements sensibles à la tension. Un appareil médical ou un moteur de compresseur n’y entrent pas.

Ce qu’une station de 1 000 Wh tient vraiment, appareil par appareil

Les durées ci-dessous partent de 880 Wh disponibles à la prise et d’un appareil branché seul.

AppareilCe qu’il tire à la priseDurée sur 880 Wh
Glacière à compresseur de van15 W en moyenne58 h
Box internet et routeur20 W44 h
Appareil CPAP, sans humidificateur35 W25 h, soit 3 nuits
Réfrigérateur domestique classe A37 W en moyenne23 h
Ventilateur sur pied45 W19 h
Ordinateur portable, en USB-C60 W14 h 30
CPAP avec humidificateur chauffant90 W9 h 45, une nuit
Téléviseur LED de 55 pouces110 W8 h
Cafetière filtre1 000 W52 min
Micro-ondes annoncé pour 900 W1 400 W37 min
Scie circulaire, coupe effective1 400 W37 min
Plaque à induction, un foyer à fond1 800 W29 min

Trois familles s’en dégagent. Sous 100 W, l’autonomie se compte en jours et une station de 1 000 Wh couvre un week-end entier : box internet, éclairage, CPAP, glacière. Entre 100 et 500 W, on parle en heures, et la soirée télévision passe. Au-dessus de 1 000 W, on compte en minutes, et l’appareil devient un usage ponctuel qu’on assume : un café, une casserole, une coupe de scie.

Notre position, à l’usage : une station de ce format se choisit pour ce qu’elle tient longtemps, pas pour ce qu’elle démarre une fois. Quelqu’un qui achète 1 000 Wh en pensant cuisiner dessus sera déçu au deuxième repas ; celui qui l’achète pour passer une coupure de 12 heures sans vider son congélateur trouvera la machine surdimensionnée, et c’est très bien ainsi.

Le réfrigérateur demande un calcul à part, parce que sa puissance instantanée ne dit rien de sa consommation. Son compresseur ne tourne qu’un tiers du temps environ. Prenez la consommation annuelle inscrite sur l’étiquette énergie, 320 kWh par an par exemple, divisez par 365 : 0,88 kWh par jour, soit 37 W de moyenne. C’est ce chiffre-là qu’il faut diviser, et il donne 23 heures.

Pour un appareil qui ne figure pas dans ce tableau, notre calculateur d’autonomie fait la division à partir de la puissance et de la capacité.

Les trois cas où la sortie coupe alors que la batterie est pleine

Ce sont les situations que les fiches produit ne mentionnent pas, et elles se découvrent en général au pire moment.

Le premier cas est l’arrêt automatique de la sortie 230 V. La DELTA 2 s’éteint après 2 heures sans consommation, réglage d’usine modifiable dans l’application ; le délai propre aux prises alternatives est de 12 heures par défaut. Le réfrigérateur tombe pile dans ce cas de figure : entre deux cycles de compresseur, la station ne voit plus rien passer et en conclut qu’elle ne sert à rien. Avant une nuit ou une absence, réglez ce délai sur « jamais ».

Vient ensuite le mode bypass, une bonne nouvelle déguisée en panne. Station branchée sur une prise murale et sortie alternative allumée, les appareils sont alimentés par le réseau, pas par la batterie. Le niveau de charge ne bouge pas, et c’est le comportement recherché : la batterie ne s’use pas pour rien. Mais l’essai d’autonomie que vous croyiez mener ne mesure rien du tout.

Le troisième cas concerne l’usage en onduleur. La bascule EPS de la DELTA 2 prend 30 millisecondes, celle de la C1000 Gen 2 en prend 10, et aucune n’est instantanée. Le manuel d’EcoFlow exclut nommément le serveur et le poste de travail : un ordinateur fixe branché de cette façon redémarrera. Une box, un frigo, un éclairage ne s’aperçoivent de rien.

L’hiver ajoute une contrainte de son côté : les cellules LiFePO4 refusent de se recharger sous 0 °C, alors qu’elles se déchargent jusqu’à -10 °C. Une station laissée dans un coffre gelé fournira du courant, mais ne reprendra pas un ampère avant d’être rentrée.

Contrôlez votre calcul en deux minutes

Branchez l’appareil seul, allumez la sortie correspondante, et lisez le wattmètre de l’écran pendant deux minutes en notant la valeur la plus haute. Vous tenez sa consommation en marche. Le pic de démarrage, lui, passe souvent trop vite pour l’afficheur : s’il devait poser un problème, la station l’aurait déjà signalé par une coupure. Divisez 880 par le chiffre relevé, et vous avez votre autonomie en heures.

Pour un appareil cyclique, réfrigérateur ou congélateur, la mesure instantanée ne suffit pas et il faut une nuit d’essai. Station pleine, appareil branché seul, sortie réglée pour ne pas s’éteindre, puis lecture du pourcentage au matin. Une nuit de 8 heures qui a consommé 30 % de la batterie annonce 26 heures d’autonomie totale. C’est la seule méthode qui intègre la température de votre pièce, le nombre d’ouvertures de porte et l’âge du joint.

Questions fréquentes

Un réfrigérateur de cuisine tient-il la nuit sur une station de 1 000 Wh ?

Oui, et largement : un réfrigérateur domestique classé A consomme environ 0,9 kWh sur 24 heures, soit 37 W en moyenne, ce qui donne près de 23 heures sur les 880 Wh utiles. La capacité n'est donc pas le point à surveiller. L'arrêt automatique de la sortie 230 V, si : le compresseur ne tourne qu'un tiers du temps, et certaines stations coupent leur prise quand elles ne voient plus de consommation. Réglez ce délai sur « jamais » dans l'application avant d'aller vous coucher.

Peut-on brancher une plaque à induction sur une station de 1 000 Wh ?

Oui, pendant quelques minutes. Un foyer à pleine puissance tire 1 800 W : il faut déjà un onduleur qui les accepte, ce qui exclut les stations plafonnées à 1 500 W, et l'autonomie tombe à 29 minutes. Baissée à 1 000 W, la même plaque tient 52 minutes, de quoi cuire des pâtes et rien d'autre. Une station de 1 000 Wh dépanne un repas, elle ne remplace pas une cuisine.

Faut-il brancher un appareil CPAP sur la prise 230 V ou sur l'allume-cigare ?

Sur la sortie 12 V quand le fabricant du CPAP propose le câble, parce que la prise 230 V impose une conversion en alternatif que l'appareil défait aussitôt dans son propre bloc d'alimentation. Sans humidificateur, comptez 35 W et 3 nuits de 8 heures. Avec l'humidificateur chauffant, la consommation grimpe autour de 90 W et l'autonomie retombe à une seule nuit : c'est la fonction à couper en premier quand le courant manque.